CANBLASTER

CANBLASTER
Fonction :
DJ / PRODUCTEUR
Labels :
MARBLE / CLUB CHEVAL
Ville :
PARIS
Styles musicaux :
TECHNO

Canblaster est la wild card de Club Cheval. De son vrai nom Cédric Steffens, grandit à Douai dans les années 90. Ses parents mélomanes l’inscrivent dès l’école primaire avec ses sœurs au conservatoire de la ville, où il étudie le piano classique. Il suivra également une année en section jazz qui lui permettra plus tard de se familiariser avec le langage du R&B, une de ses principales influences aujourd’hui.


Parallèlement, Cédric passe un temps fou sur sa Sega Saturn et se montre particulièrement sensible à la musique des jeux vidéo, ainsi qu’au soin accordé aux différents bruitages. Des titres musicaux comme Beatmania ou Freqency, qui offrent la possibilité d’intervenir sur des claviers virtuels, lui donnent envie de faire ses propres sons. Il découvre au même moment – soit au début des années 2000 – les classiques de la musique électronique mainstream : Daft Punk, Cassius, Chemical Brothers, Prodigy, Fatboy Slim, et surtout Basement Jaxx, condensé hyper dense d’influences extrêmement variées. Détail important, il fétichise les albums et adore accumuler les CD, gravés ou achetés d’occasion.


Il apprécie la liberté offerte par ce format et s’intéresse davantage aux interludes et aux plages moins rythmiques que les tubes. Son oreille n’est ainsi pas encore tournée vers les clubs, mais plus vers l’écoute au casque, à la place arrière de la voiture.


Avec l’explosion French Touch 2 de 2005-2006, il ose finalement le club en se convertissant au son de labels comme Ed Banger ou Institubes, et se plonge de plus belle dans l’histoire de la dance music hexagonale, produisant notamment des morceaux qui imitent maladroitement Alan Braxe ou Vitalic. Il rencontre Myd en BTS audiovisuel, qu’il aidera occasionnellement dans son groupe de l’époque.

En 2008, ses productions arrivent à maturité lorsqu’il ajoute à ses influences l’Angleterre (garage, dubstep) et les Etats-Unis (rap de club, B-More, Diplo). Des influences qu’il découvre en faisant la connaissance de Panteros666 et Sam Tiba, déjà amis de Myd. Bientôt, les quatre garçons lancent ensemble Club Cheval. Le premier vrai EP de Canblaster, Jetpack, en 2010, définit déjà la singularité de sa patte : une efficacité robotique techno mêlée de sentimentalité mélodique romantique et nippophile. Alors qu’un son très percussif domine la scène club, il est convaincu de faire un bide. Mais très vite le titre est joué par le DJ anglais Sinden, puis en France par Tekilatex. Et on lui demande aussitôt d’enchaîner les remixes (Rusko, Drop the Lime, Tekilatex & Para One, Style of Eye, Spoek Mathambo, etc), qu’il décide d’envisager bien plus que comme de simples commandes : son obsession du détail et sa tendance à la surproduction, nées de sa passion pour Basement Jaxx, et son admiration pour le côté « exercice de style » des premiers remixes de Justice, rendent souvent l’original méconnaissable, et font mouche à chaque fois.


Il sort ensuite en 2011 son deuxième EP, Master of Complication, chez Nightshifters, qui tourne autour de l’idée du temps, et confirme son goût pour les structures accidentées, baroques, ludiques – un esprit « megamix » issu des jeux vidéo de son adolescence, mais aussi de cassettes d’eurodance, écoutées encore plus jeune. Un autre EP, Totem, sort ensuite sur Marble, le label lancé par Para One, Surkin et Bobmo. Cette fois-ci, il s’agit de trois mixes différents d’un seul et même track, chose dont on ne se rend pas forcément compte quand on les écoute sans le savoir, et qui prouve bien l’aisance créative et technique du jeune Nordiste. Son esthétique sonore synthétise miraculeusement tendresse romantico-nerd et complexité architecturale : tout bouge, tout tourne, tout remue sans cesse, mais tout se tient, comme un gigantesque et parfait manège pour adultes en communion.


Quand il joue, Canblaster mélange la house et la techno aux tracks truffés de micro-ruptures, de montées en trompe-l’œil, de paradoxes harmoniques ou rythmiques, mais tient quand même toujours à faire danser les gens avant tout. Guettez donc ses DJ sets, toujours plus nombreux et grisants, et attendez-vous de sa part à des productions sans cesse plus époustouflantes.